Pradié/Novès : le match de deux cadets pour éviter le KO de Garraud

La fumée blanche est enfin sortie des états-majors de la droite républicaine et du nouveau centre macronien. Les deux formations politiques entretenaient un vrai-faux suspens sur leurs têtes de listes respectives qui tenteront de se qualifier au deuxième tour du duel d’ors et déjà annoncé entre Carole Delga et le Rassemblement National aux prochaines élections régionales. Sans surprise, Les Républicains (LR) ont sélectionné Aurélien Pradié, 35 ans. Le jeune et fringuant député du Lot a officialisé sa candidature en accordant une interview « exclusive » à La Dépêche du Midi, lundi 9 mars. Manière de couper l’herbe sous le pied de Vincent Terrail-Novès, 42 ans, maire de Balma et conseiller régional sortant, qui devait tenir le même jour une conférence de presse à Toulouse.

Discrètement divorcé de l’ancien parti de Nicolas Sarkozy depuis 2017, le fils adoptif de Guy Novès repousse l’annonce officielle de ses fiançailles avec celui d’Emmanuel Macron. Il se présente en « candidat libre » et sans étiquette, mais les macronistes régionaux ont aussitôt laisser éclater leur joie sur les réseaux sociaux d’avoir enfin un candidat prêt à aller au casse-pipe. Un sondage commandé par LR lui accorde un score flirtant dangereusement avec les 10%, barre à franchir impérativement pour se qualifier au deuxième tour. Avec 13% des intentions de vote, Aurélien Pradié n’aurait théoriquement pas à redouter cette humiliation. Mais au vu de l’énorme marge d’erreur sur le faible échantillon (1.013 personnes interrogées par l’Ifop du 23 février au 1er mars), pas de quoi pavoiser. Les deux jeunes champions qui vont s’aligner pour ce concours de saut à la perche de tous les dangers sont de toutes manières largués par le vétéran Jean-Paul Garraud, 65 ans. Ce magistrat retraité, ancien député LR, a été préféré par le Rassemblement National au jeune maire de Beaucaire Julien Sanchez (38 ans) pour clouer le bec à ces « gamins » qui jouent en deuxième division.

Tout l’enjeu du « match dans le match » entre les deux cadets de la droite et du centre sera donc de déterminer qui arrivera en tête pour contraindre l’autre à une éventuelle fusion. Officiellement, pas question de tendre la main aujourd’hui aux « traitres » macronnistes du coté des Républicains, qui ont largement rejeté une alliance avec les candidats En Marche sous la pression de Wauquiez, Pécresse et Bertrand, trois « barons »régionaux de droite qui pensent déjà s’offrir le scalp du locataire de l’Elysée en 2022. A Toulouse, Moudenc, le plus Macron-compatible des ténors locaux, a vite compris qu’il serait illusoire de reconduire l’alliance du lapin macronniste et de la carpe républicaine qui lui a permis de conserver Le Capitole. Interrogé, Novès frappe habilement en touche quand on lui demande s’il serait possible de fusionner avec les troupes de Pradié entre les deux tours pour éviter une déculottée comparable à celle subie par Dominique Reynié, candidat unique officiel de la droite et du centre en 2015 (21%, douze points derrière l’extrême-droite). Mais il va tout faire pour décrocher les centristes de l’UDI de l’orbite de LR, afin de prendre l’avantage dans cette primaire qui ne dit pas son nom.

L’addition des intentions de vote en faveur de Novès et Pradié ne laisse in fine guère d’espoir de revenir au score face à Garraud. Dès lors, les deux jeunes cadets, qui se sont jadis croisés dans l’hémicyle régional avant de mener des carrières politiques aux antipodes, vont être contraints de taper comme des sourds contre leurs adversaires respectifs en tentant d’éviter le coup fatal sous la ceinture de son allié pontentiel qui pourrait envoyer prématurément l’un ou l’autre au tapis. Le duel à distance entre Pradié et Novès confirme que le vieux rève de l’union de la droite et du centre au sein de feu-l’UMP, où ils effectuèrent leurs premières armes, a volé en éclat. Le premier incarne une droite « pure et dure » qui va tenter de reprendre des voix supposées « égarées » à l’extrême-droite. Mais « Battling Pradié », rare élu de droite sur les terres radicales du Queçy, n’aime rien tant que d’envoyer quelques crochets du gauche en se réclamant ostensiblement du « gaullisme social ». L’autre se présente comme le représentant d’une droite « modérée » cherchant à soustraire la « gauche raisonnée » à l’attraction du PS. Novès, qui a repris la mairie de Balma à un cacique du PS toulousain, s’active pour remettre « en marche » les réseaux de l’ex-maire PS de Montpellier Philippe Saurel, qui avait tenté de faire cavalier seul face à Delga en 2015 avec ses bérets rouges des « Citoyens du Midi », qualifiés de « prémisses » d’un macronisme qui couvait déjà sous les cendres de l’Impérator Néron-Frêche dans l’antique « Septimanie ».

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