Castex : en voiture Simone, mais.. En Marche arrière !

Le Premier ministre a renoncé à sa virée dans son Gers natal, mais pas à dépanner le futur métro de Moudenc en panne de financement

Patatras ! Le « come back » de Jeannot lou Gascon est tombé à l’eau. Jean Castex, natif du Gers, devait effectuer son grand retour dans le département de son enfance. Mais la mort d’une policière, tuée la veille à Rambouillet, est venu chambouler son agenda au dernier moment. On a bien aperçu le premier ministre à Toulouse samedi matin, mais il a été contraint de faire une croix sur son échappée campagnarde au profit de la visite-express du commissariat central de la capitale régionale pour réconforter les policiers avant de regagner Paris. Security fisrt ! Le bonheur attendra dans le pré des jours meilleurs…

Le premier ministre, qui s’est éloigné de la Gascogne depuis son implantation électorale dans les Pyrénées Catalanes, avait prévu de labourer une nouvelle fois « ses terres occitanes » (comme l’écrivent les « canards du midi »… de Baylet), encore perceptibles dans son accent. Une semaine après avoir refait surface à Prades, où les méchantes langues soulignaient qu’on ne l’avait plus revu depuis sa nomination à Matignon, l’ancien Mr Déconfinement d’Emmanuel Macron devait visiter le centre de vaccination installé dans la salle Simone Castex de Vic-Fezensac. Cela ne suffira pas à remettre sur pied la fameuse féria de Pentecôte, annulée pour la deuxième année pour cause de Covid. Ce pèlerinage sur ses terres natales devait surtout mettre un peu de baume au cœur des macronistes locaux, un peu perdus dans ce terroir rad-soc d’Armagnac.

Mamie Simone était l’épouse de Marc, son grand-père, maire et conseiller général de la bourgade pendant une bonne vingtaine d’année. Sans étiquette politique précise, Papy Castex, héritier d’une entreprise de matériel agricole familiale, fut vaguement soutenu par les radicaux du coin quand il vendait des tracteurs aux paysans contre les propriétaires de grands domaines, avant de tourner casaque et de prendre la marque UDF de Giscard pour se faire élire en 1980 au Sénat… où il ne prendra jamais la parole. Marc Castex, ancêtre et archétype de l’élu « en marche » : un peu à gauche, beaucoup à droite ?

La 3ème ligne de métro de Moudenc

Si sa virée dans le Gers a été annulée sine die, Jean Castex a toutefois maintenu un rapide crochet matinal à Toulouse pour dépanner l’incontournable Jean-Luc Moudenc. Le maire (LR) de la ville rose, en compétition avec son homologue (PS) de Montpellier dans le rôle de meilleur fayot de Macron au pays du radicalisme-cassoulet, ne sait plus trop comment financer la troisième ligne de métro qu’il a promis à ses électeurs (et à Airbus). Surtout depuis l’épidémie de Covid, qui a dramatiquement fait chuter les recettes de Tisséo, le syndicat mixte des transports en commun de l’agglo. Le projet avoisine officiellement les 3 milliards et fait régulièrement tousser la chambre régionale des comptes de Montpellier, effrayée par l’endettement de Tisséo qui dépasse le milliard avant même de lancer le chantier. Castex a donc confirmé que l’Etat versera royalement 200 millions, à charge pour les élus toulousains de convaincre l’Europe et les banques de bien vouloir boucler un plan de financement qualifié de « pari risqué » par les magistrats financiers avant même l’arrivée du méchant virus chinois. Le chèque de Castex peut sembler un peu chiche. Le département de la Haute-Garonne a prévu à lui seul d’apporter 201 millions dans la corbeille. Le président (PS) du conseil départemental précise toutefois qu’il n’y aura finalement que 102 millions pour la troisième ligne de Moudenc. Le reste est destiné à ses amis socialistes du Sicoval pour prolonger la deuxième ligne vers Labège, ou à des bus vers Portet-sur-Garonne. Les élections approchent, on ne se fait plus de cadeaux !

Une « Arlésienne » routière entre Toulouse et Auch

En route vers Vic, le premier ministre avait aussi prévu initialement de faire étape à Gimont pour un ultime dépannage. Il s’agissait cette fois de débloquer les fonds pour la mise à 2×2 voies de la route entre Toulouse et Auch. Le chantier, qui s’éternise depuis 40 ans, est devenue la véritable Arlésienne de l’ex-région Midi-Pyrénées. Le dernier tronçon entre L’Isle-Jourdain, à la sortie de l’aire urbaine toulousaine, et la petite ville de Gimont, réputée pour son marché hivernal aux foies gras, devait coûter 95 millions, selon les panneaux de chantier qui narguent les automobilistes pressés, coincés derrière un camion ou un tracteur sur la vieille route nationale tournicotant dans les coteaux vallonnés du Gers. Mais ce chiffre est « obsolète », selon Jean-René Cazeneuve, député LREM du département. Le chef de file régional des élus macronistes estimait la facture actualisée à 120 millions. Elle serait même de 142 millions selon Jean Castex, qui promet dans une pleine page d’interview accordée à La Dépêche du Midi de lâcher 46 millions pour boucler le chantier « au premier trimestre 2022 ». Un coup d’accélérateur financier avant un autre scrutin ?

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