Bastir : qui est cet ancien socialiste qui fait campagne avec Jean Lassalle en Occitanie ?

L’Occitanie, c’est lui ! Jean-Luc Davezac, conseiller municipal d’opposition à L’Isle-Jourdain (Gers), est la drôle de tête d’une liste « régionaliste » composée de bric et de broc qui a réussi à s’inviter in-extremis au duel annoncé entre Delga et l’extrême-droite pour la présidence de la région. Cet ancien socialiste a l’habitude de battre la campagne, même s’il ne gagne jamais. Prof de musique dans le civil, Davezac a brigué en vain l’an dernier (7,60%) la mairie de sa commune gasconne aux portes de Toulouse devenue la deuxième ville (9.000 habitants) du Gers, sous l’étiquette « Païs Nostre », un groupuscule occitaniste fondé à Narbonne par un ex-journaliste de France3 Languedoc-Roussillon. En 2014, le conseiller municipal qui se définit comme « ancien rocardien » s’était déjà dressé contre le maire PS de L’Isle-Jourdain avec l’appui de Cap21, le micro-parti écolo de Corinne Lepage alliée au Modem de François Bayrou. Bref, le gascon était « en marche » bien avant Macron.

Candidat à tous les scrutins qui passent à sa portée, Davezac a cette fois fait appel à Jean Lassalle pour trouver les 184 hommes et femmes de sa liste. L’inénarrable député béarnais, qui s’est rendu célèbre entre autres facéties pour avoir entonné le chant de ralliement des occitans dans les travées de l’Assemblée Nationale, est venu pointer son béret jeudi dans les Corbières (en poussant la chansonnette), puis sur la place de la Comédie, afin de mettre officiellement le candidat Davezac sur orbite.

Les deux hommes en campagne avaient ensuite prévu de se rendre en Lozère et dans l’Aveyron, avant de clore ce périple en apothéose ce vendredi à Gaillac (Tarn) et enfin sur la place du Capitole à Toulouse. Lassalle, qui est déjà en campagne comme Mélenchon pour l’élection présidentielle de 2022, ferraille aussi dans sa région d’origine en présentant son frère berger contre Alain Rousset, le président socialiste sortant d’Aquitaine. Le Béarnais, férocement anti-ours, est allié pour la circonstance avec les derniers bataillons de Chasse Pêche Nature et Tradition, le parti des chasseurs qui détestent cordialement les écolos « bobos » (et réciproquement). Comme Davezac, il se présente comme « le candidat de la Ruralité », nouvelle appellation de l’ancienne formation des Nemrods en colère, syphonnée par la droite à l’époque Sarkozy. « Jean Lassalle avait fait de bons scores dans les départements ruraux », souligne l’ancien rocardien de L’Isle-Jourdain en référence à la première marche du député béarnais sur l’Elysée en 2017 : 435.000 voix (1,21%). Cela fait au moins une belle chorale !

Mais il faut croire que les troupes de Lassalle sont un peu clairsemées. Davezac a aussi été contraint de faire appel à un autre micro-parti confidentiel pour trouver des volontaires : le parti « républicain solidariste » de Laurence Marchand-Taillade, une ancienne militante UDF du Cantal passée par les rangs du Modem puis des radicaux du PRG avant de monter sa propre start-up politique. Se présentant comme aussi férocement « laïque » que Lassalle est « ruraliste », la dame du Cantal écrit des bouquins chaleureusement applaudis par certains « frangins » du Grand Orient. L’assurance de ne pas découvrir une candidate voilée qui menacerait la République sur la liste Davezac. C’est déjà ça…

En dépit des apparences, Jean-Luc Davezac se défend d’avoir constitué « une liste attrape-tout ». « Nous sommes régionalistes, mais pas indépendantistes », souligne la tête de liste, soucieux de se démarquer des autres occitanistes qui font traditionnellement liste commune avec EELV. Le plus grand fait d’armes revendiqué par Davezac est d’avoir su mobiliser tout son réseau pour faire adopter le nom d’Occitanie par la région élue en 2015 ; en dépit de la résistance de certains Républicains jacobins, de droite comme de gauche, craignant la renaissance des « Etats du Languedoc » de l’Ancien Régime. Mais aussi des Catalans, qui ont refusé au dernier moment de rejoindre ces « régionalistes » chantant trop fort le Se Canto pour leurs oreilles susceptibles. « Les Catalans sont nos cousins », assure le gascon qui a du trouver des remplaçants au pied levé dans les Pyrénées Orientales. « On n’a jamais été gêné pour trouver des candidats, on en avait plus de 220 sous la main. Le problème maintenant, ça va être de trouver des fonds », dit l’invité-surprise de ce scrutin en Occitanie, son « païs ».

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