José Bové, le boomerang de Delga

Carole Delga était près fière de sa « prise de guerre » : José Bové, l’emblématique paysan moustachu du Larzac, a fait savoir urbi et orbi qu’il préférait soutenir la présidente socialiste sortante de la région Occitanie, plutôt que son concurrent écolo Antoine Maurice. Mais l’ancien député européen d’EELV, qui figurera symboliquement en dernière position sur la liste PS-PC-PRG de l’Aveyron, s’avère un allié un poil turbulent. Opposé au projet d’autoroute Toulouse-Castres que soutient Delga, Bové n’hésite pas à le dire haut et fort en pleine conférence de presse destinée à mettre en scène le ralliement des écologistes « réalistes » à la présidente sortante.

« Pourquoi ne pas organiser un vote populaire ? Moi je dis chiche ! » balance José Bové en guise de pavé dans la mare. A ses cotés, Agnès Langevine, vice-présidente sortante qui a orchestré le ralliement de ce pôle écologiste raisonnable sensé « apporter des solutions » face aux écolos supposés utopistes et affreusement radicaux du petit Maurice qui ne font que foutre le bordel, accuse le coup. L’idée d’une sorte de « référendum d’initiative populaire » sur la future autoroute qui exacerbe l’opinion dans le sud du Tarn entre pro et anti est aussi un clin d’oeil appuyé lancé par Bové à Mélenchon et Myrian Martin, tête de liste régionale des Insoumis et véritables bêtes noires de Delga.

L’incorrigible démonteur du Mac Do de Millau concède qu’il n’a pas encore eu l’occasion de parler de son idée lumineuse à la présidente sortante. « Je ne veux pas lui mettre un caillou dans la chaussure, je propose juste une solution pour sortir d’un conflit qui s’enkyste », affirme José Bové. L’ancien leader paysan qui avait manifesté contre le projet de barrage à Sivens enfonce le clou en se déclarant préoccupé par la montée des tensions sur de nombreux projets présentés comme « inutiles » par ses potes écolos de toujours. « Il faut savoir sortir par le haut pour éviter des batailles qui font des gagnants et des perdants qui le paie parfois au prix de leur vie », poursuit Bové dans une allusion transparente à la mort de Rémy Fraisse dans le Tarn. « Il ne doit plus y avoir de blessés de la démocratie », philosophe l’ancien combattant qui se réclame encore et toujours non-violent, 50 ans après la victoire contre les militaires sur le Larzac.

Transmis à Manuel Valls et François Hollande, qui avait propulsé leur protégée Carole Delga à la tête de la nouvelle grande région créée par leurs soins en 2015 pour éviter que l’ex-Languedoc-Roussillon tombe dans l’escarcelle de Louis Aliot et du parti de Marine Le Pen.

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