Montpellier : les mannequins connectés de la nouvelle fac de médecine

Montpellier médecine fac

Carole Delga va être surprise. C’est une nouvelle gare que la présidente de région viendra officiellement inaugurer aujoud’hui aux cotés de François Fontès. L’incontournable architecte montpelliérain a dessiné pour la nouvelle faculté de médecine un immense hall d’accueil traversant dont la hauteur sous plafond n’est pas sans rappeler l’intérieur de la gare Saint-Roch. Les 3.600 étudiants ne font que passer dans cette vaste salle vitrée des pas perdus, aussi sonore que lumineuse, avant de s’engouffrer dans l’un des cinq amphithéâtres du rez-de-chaussée ou rejoindre la cafétéria. Le grand escalier qui conduit aux salles de cours dans les étages paraît minuscule dans cette ruche vibrionnante, bruyante et disproportionnée. Des ouvriers s’affairent encore aux dernières finitions de ce bâtiment flambant neuf, recouvert d’inox luisant comme un miroir, qui a coûté plus de 45 millions à la région.

Montpellier médecine

Dans le calme feutré de son bureau de l’ancienne faculté, le doyen Mondain est satisfait à la perspective d’inaugurer enfin un bâtiment ultra-moderne que quatre de ses prédécesseurs ont appelé de leurs vœux. « J’étais interne en 1985 quand l’hôpital Le Peyronie a été ouvert. Mon service qui était encore à l’hôpital Saint-Charles a été le dernier à rejoindre le campus en 1988, on était un peu déconnecté », se souvient le médecin, spécialisé en ORL. A ses yeux, le rapprochement de la faculté avec le CHU était « une évidence ». Mais pas question d’abandonner l’ancien palais épiscopal accolé à la cathédrale pour une faculté qui revendique fièrement sa création par un légat du Pape en 1220. Les étudiants de deuxième et de sixième année continueront de suivre des cours autour de l’ancien cloître. La soutenance des thèses et tous les événements solennels seront toujours célébrés dans les bâtiments historiques de la plus ancienne faculté de médecine de France après Paris.

 » les cours en amphi, c’est fini « 

La construction de la nouvelle faculté ouvre un nouveau chapitre d’une longue histoire. Si la bibliothèque de la faculté conserve des manuscrits rares qui remontent au Moyen-Age derrière les murs de pierre du centre-ville, le béton du nouveau campus se veut en prise directe avec la modernité. Les amphithéâtres sont équipés de caméras, reliées à une régie qui fonctionne comme une chaîne de télévision. Les étudiants peuvent ainsi suivre les cours, diffusés en podcast, en différé. « Les cours en amphi, c’est fini. Nous avons intégré cette évolution de la diffusion du savoir universitaire dès la conception du nouveau bâtiment », dit Michel Mondain. Le doyen de la faculté est toutefois conscient du risque de « déshumanisation » de la transmission des connaissances à l’ère numérique. « Nous mettons l’accent sur la généralisation du tutorat et la pratique clinique. Il est tout de même plus appréciable d’apprendre à exécuter certains geste médicaux sur des mannequins plutôt que sur des patients ».

Montpellier médecine simulation

Bluffant de réalisme, l’un de ces mannequins de nouvelle génération pousse un soupir sur le sol d’une salle de « déchoquage » reconstituée au quatrième étage de la nouvelle faculté. Un autre est installé sur un lit-brancard dans une autre salle. C’est une femme, elle « respire » en faisant légèrement bouger le drap qui la recouvre. Ces mannequins peuvent coûter jusqu’à 150.000 euros. « C’est extra de constater comment le matériel pédagogique a évolué », se félicite Blaise Debien, médecin urgentiste. Directeur du CESU (centre d’enseignement du soin d’urgence), il a déménagé son service, ses mannequins et son ordinateur du CHU pour s’installer dans le nouveau bâtiment de la faculté. De la salle d’accouchement à la chambre du malade, un hôpital fictif a été reconstitué au quatrième étage. Fictif, mais avec tout le matériel authentique qui équipe chacune des salles dite de « simulation ». Ici, étudiants en médecine et futurs infirmiers s’entraînent ensemble à tous les pires scénarios auxquels ils seront bientôt confrontés dans la réalité. « Une première en France », souligne le Blaise Debien.

De la même façon qu’on ne devient pas pilote de ligne uniquement avec des logiciels de simulateurs de vols, on n’apprend pas les gestes qui sauvent en cas d’urgence uniquement sur un écran d’ordinateur. Les nouveaux mannequins « haute-fidélité » du Dr Debien sont équipés du WiFi pour être manipulés à distance par le formateur, mais la technologie ne fait pas tout. « La simulation, ça se joue à 90% lors du débriefing » dit le directeur du CESU. Là aussi, les salles de simulation sont équipées de caméras pour visionner aussitôt le scénario qui a été joué durant l’exercice dans une salle de cours séparée. Il ne s’agit pas de disséquer chaque scène au ralenti, plutôt d’analyser ce qui s’est passé lors d’un dialogue en les apprenants et les formateurs. L’urgentiste « accouche » le ressenti des étudiants, assis en demi-cercle dans son bureau, en compagnie d’une enseignante de l’école d’infirmières. Il n’hésite pas à partager des cas de conscience qui se sont parfois posés à lui lors d’interventions délicate pour aborder les questions éthiques derrière la technique. Ce n’est pas une leçon, il n’y a ni copie, ni crayon. Des tablettes sont toutefois sorties à la fin du cours pour renvoyer à des connaissances et un petit exercice d’évaluation finale. Au fil des ans, le CESU de l’Hérault, né en marge du Samu, a développé ses propres outils pédagogiques. Blaise Debien souhaite désormais partager ses cours, stockés sur son ordinateur, flambant neuf, avec d’autres CHU, facultés de médecine ou instituts de formation para-médicaux, comme ceux de Toulouse. « Nous sommes un laboratoire de recherches pédagogiques », résume l’urgentiste passionné.

Thomas Brieu, le sommelier qui veut changer « l’Aude en vin »

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Pour la nouvelle brasserie que le chef étoilé Franck Putelat a ouvert au début de l’été à Carcassonne, Thomas Brieu a demandé à des amis vignerons de l’Aude et de l’Hérault de créer des cuvées spéciales. « Je suis fou des vins d’ici », avoue le sommelier du Parc, qui s’affaire au quotidien à faire décoller cette nouvelle adresse de 80 couverts, idéalement située à l’entrée de la ville basse. S’il n’est pas question de proposer des centaines de flacons précieux comme au restaurant gastronomique, la brasserie offre un large choix de bouteilles, de 15 à 150 euros. Pour la nouvelle carte de la saison d’automne, il s’est résolu à abandonner «  les cartouches à plus de 100 euros  ». Désormais associé de Franck Putelat, l’homme de confiance du chef a vite appris à mettre du réalisme économique dans son vin. « Les vins du chef ou du sommelier ne sont pas toujours ceux des clients », philosophe Thomas Brieu.

Pour faire ce métier, il faut être passionné de géographie

Lui-même concède avoir évolué dans ses goûts au fil des années. « A 25 ans, j’aimais les vins body-buildés, de véritables confitures aromatiques. Mon palais s’est affiné », dit ce jeune papa de 37 ans. Il rend hommage aujourd’hui à ses enseignants de Mazamet et de Toulouse, qui l’ont mis sur la voie de la salle, puis de la sommellerie. Lui se voyait plutôt derrière les fourneaux en entrant au lycée hôtelier. Thomas Brieu a toujours travaillé dans la région, mais a beaucoup voyagé sur la carte des vins. « Pour faire ce métier, il faut être passionné de géographie », dit-il. Le sommelier de Carcassonne connaît intiment les domaines et les producteurs de chaque bouteille qu’il conseille. « Je vends le terroir des vignerons », plaide cet avocat passionné de vins aussi « naturels » que possible. Vignes cultivées en agriculture biologique ou en biodynamie, cuvées sans sulfites, etc  .

Le système des appellations ne veut plus rien dire

Thomas Brieu défend les vignerons plutôt que les labels ou les appellations. « Le système actuel des cahiers des charges ne veut plus rien dire. Il y a des gens qui travaillent mal dans toutes les appellations, et des fous partout ». On aura compris qu’il a un faible pour ces derniers. Ceux qui transgressent à l’occasion les règles établies par leurs voisins et leurs aînés pour expérimenter de nouvelles pistes, loin des modes des produits « marketés » pour plaire au plus grand nombre. Plus Nossiter que Parker dans le Mondovino contemporain.
A l’échelle du département, c’est un fervent promoteur du petit groupe d’une quinzaine de producteurs de l’Aude, réunis au sein du collectif Changer l’Aude en vin. « La plupart sont devenus des amis », dit-il. C’est à eux qu’il a demandé d’élaborer les cuvées de la brasserie. Il est aussi très fier d’avoir pu acheter quelques bouteilles à un producteur du Minervois atypique, « qui ferme ses volets dès qu’il voit un journaliste ». Pour autant, Thomas Brieu se défend d’être chauvin. Il se souvient de sa première grande émotion oenologique  : un Gevrey-Chambertin

Saurel remplace Delga à Futurapolis

futurapolis

Surprise à l’Université de Toulouse, qui accueillait la conférence de presse de présentation du prochain salon Futurapolis. François Baroin a fait une courte apparition dans la salle du conseil. Le sénateur-maire (LR) de Troyes, actuellement en campagne pour Nicolas Sarkozy dans le cadre des primaires de la droite, a tenu à venir saluer Philippe Saurel, maire (DVG) de Montpellier.

Le président de Montpellier-Méditerranée Métropole était la véritable vedette politique de cette présentation. Le trublion de la gauche en Languedoc-Roussillon a remplacé au pied-levé la nouvelle région Occitanie. Carole Delga n’a en effet pas souhaité poursuivre le partenariat engagé dès 2012 par Martin Malvy, Pierre Cohen et l’hebdomadaire le Point, organisateur du salon. Philippe Saurel, qui ne porte pas la nouvelle présidente socialiste de la région dans son cœur, ne s’est pas fait prié pour prendre sa place de partenaire financier de cette manifestation, présentée à l’époque comme «  le Davos de l’Innovation  » par Franz-Olivier Giesbert.

«  Lorsque Le Point m’a proposé d’associer Montpellier à Futurapolis, j’ai tout de suite approuvé, sans même passer un coup de téléphone à Philippe  » raconte Jean-Luc Moudenc, président (LR) de Toulouse Métropole. La conférence de presse a fourni une nouvelle occasion aux maire de Toulouse et Montpellier d’affiche leur bonne entente, au-delà des clivages politiques. Etienne Gernelle, qui a remplacé Franz-Olivier Giesbert à la tête de la rédaction du Point, enfonce le clou  : «  ce sont les métropoles qui tirent l’innovation  ».

La région ne sera toutefois pas oubliée de la 5ème édition de Futurapolis. L’université fédérale de Toulouse-Midi-Pyrénées est également monté d’un cran pour figurr parmi les partenaires de premier rang de l’événement. En dépit du changement de nom de la région, la fédération des universités et des grandes écoles n’a pas (encore?) changé son intitulé, comme le faisait remarquer Philippe Raimbault, son nouveau président.

Contrairement aux allégations de La Dépêche du Midi, qui avait en vain tenter d’organiser une manifestation concurrente à Toulouse en 2014, Futurapolis se déroulera bien les 4 et 5 novembre au Quai des Savoirs.

Plus radicaux que le PRG

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Après une nouvelle manifestation contre la loi Travail qui a rassemblé, sans incidents, plusieurs milliers de manifestants dans les rues de Toulouse, les plus Motivé(e)s se sont retrouvé(e)s pour une nouvelle action-surprise du collectif  #Y‘a pas d’arrangement. La FNAC, dernière cible de ces opérations-commandos en forme de gags ludiques dans la ville, avait préféré baisser le rideau, comme la plupart des grandes enseignes (cinéma UGC, McDonald’s, café Starbuck) situées au point de rendez-vous, entre la place Wilson et le métro Jean Jaurès.

 » Notre action est pacifique , nous n’accepterons ni violence, ni tags », crachotte le mégaphone des organisateurs à l’intention des centaines de participant(e)s rameuté(e)s sur les réseaux sociaux. Jeunes ou pas, tou(te)s sont venu(e)s sans savoir quelle sera la destination finale de cette nouvelle action. Par précaution, le contact de l’avocate de permanence est communiqué en cas d’arrestation, comme avant chaque opération du collectif. Six groupes sont constitués pour tromper la vigilance des forces de l’ordre. Chacun part de son coté.

G1

« Rebroussez chemin. Cette manifestation est interdite ». Des policiers barrent le chemin du « groupe 1 », constitué d’une trentaine de personnes qui ont suivi François Piquemal, le jeune leader du DAL 31, cheville ouvrière du collectif avec les intermittents du spectacle, l’association ATTAC et des syndicalistes de la CGT.

Après une déambulation pédestre dans les rues du centre-ville, le groupe finit par s’engouffrer dans une annexe de la mairie de Toulouse. Au total, trois des sept groupes ont réussi à gagner l’objectif de l’opération, mystérieusement dénommée « opération Palme d’Or ».  La salle municipale Osète a été choisi car elle doit accueillir dans la soirée une réunion publique du parti radical de gauche (PRG) autour de Sylvia Pinel. La nouvelle présidente du parti, élue locale, est l’ancienne ministre du Logement.  » Nous avons appris sa venue sur sa page Facebook « , explique François Piquemal. En attendant la ministre et ses militants, les manifestants improvisent un jeu de chaises musicales dans la salle. Quelques confettis sont lancés. L’ambiance est potache, bon enfant.

police municipale

François Piquemal négocie avec la police municipale, qui inaugure pour la circonstance ses nouvelles tenues anti-émeutes. « Nous n’avons rien dégradé, on veut juste participer à la réunion », explique le porte-parole du DAL.

Dans la salle, on brocarde plus ou moins gentiment le PRG, dernier parti allié du PS, et son patron historique, également propriétaire du quotidien régional.  » Jean-Michel Baylet est favorable à la loi Travail et a approuvé le 49.3 Son journal maltraite nos actions «  , justifie un militant. Une guitare joue un air de Brassens. Bref moment de semi-panique quand quatre participants, qui ont tenté de sortir par une porte dérobée, se font arrêter par les policiers dans la cour intérieure du bâtiment municipal.

Le PRG a finalement renoncé à sa réunion publique. « Je tiens à condamner avec fermeté ces agissements ayant pour seule vocation d’empêcher le débat et l’expression militante pourtant fondamentale à la bonne santé de notre République », a réagit Sylvia Pinel sur sa page Facebook. La centaine de manifestants qui avaient envahi la salle ont pris soin de ranger les chaises avant de sortir groupés, en scandant des slogans hostiles au gouvernement. Après un tour d’honneur de la place Wilson, encadrés par les forces de l’ordre, les manifestants ont rejoint en chanson la place du Capitole pour une nouvelle NuitDedout.